O lieu des couleurs

et de mes états dame, circulent les images et les mots s'y envolent ... Blog de couleurs inspirées de l'Afrique, Blog où l'encre s'épanche, dense, Blog des mots où se mêlent être et psychanalyse, Blog

24 novembre 2005

Otour de ma bulle

Otour de ma bulle

Encre, gel marker sur papier - 29,7 x 21 cm

(Collection particulière)

Otour de ma bulle il y a plein d'O

Matemma © 2005

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15 mars 2005

Clamoeurs

Clamoeurs

Techniques mixtes dont acrylique et encre de chine sur carton toilé

24 x 33 cm

Qui est le monstre ? Celui qui ne ressemble pas aux autres est le plus souvent le monstre. Mais on est tous différents pourtant, certains cultivent cette différence dans l'urgence d'être, comme une nécessité d'être à part pour être vu et entendu, cela peut-être parfois monstrueux.

(collection particulière)

Matemma © 2005

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14 juin 2003

Le souffle (AZF)

Le Souffle

Techniques mixtes sur carton toilé - 33 x 41 cm

(collection particulière)

Matemma © 2003

Toulouse, Le 21 septembre 2001

Il était un peu plus de 10 heures lorsque j'ai entendu une double détonation d'une ampleur peu commune. J'ai tout à coup senti mon immeuble se balancer de droite à gauche, j'ai vu ma baie vitrée soufflée, éclater en quelques secondes, les objets tomber, et ....j'ai vu ma fille se faire balayer sur 1,50 m... tout a si fort tremblé, et nous avec... J'ai serré la petite très fort contre moi, je n'avais qu'une envie, celle de partir de cet appartement qui s'était transformé en scène d'horreur en quelques secondes.

J'ai descendu les 10 étages qui me séparaient du RDC sans même pouvoir penser à autre chose qu'à rejoindre mes semblables.

Mon fils était dans le centre ville, à l'école.

En bas, des gens couraient partout, certains étaient en sang, des milliers de morceaux de verre jonchaient le sol. Des murs et des plafonds étaient effondrés, la police est assez vite arrivée, sans savoir ce qui s'était passé, elle nous faisait sortir des immeubles qui soi-disant allaient s'écrouler. Les gens criaient qu'il y avait des bombes qui éclataient partout dans Toulouse. Je pensais à mon fils, j'étais terrorisée par ce que j'entendais, nous pensions tous à l'attentat de New York. 

Vers 11h30 heures, j'ai su que c'était AZF qui nous avait soufflé, l'usine en face de laquelle j'habitais.

La police nous a fait rejoindre ces immeubles qui peut-être ne s'écrouleraient pas finalement, ils ne savaient plus, personne ne savait, qui savait ? Que faire ? Quelle mort choisir ? 

A cause des gaz toxiques qui soit disant arrivaient... les immeubles n’avaient plus aucune fenêtre...

Un immense champignon planait au-dessus de nos têtes, la police nous criait de nous abriter des produits qui semblaient se répandre, et les immenses tours au vitres éclatées et qui avaient si fort tremblées semblaient comme un immense piège.

Quelle protection attendre alors ?

Je suis partie en courant en serrant encore plus fort ma fille, à la briser, j'y ai mis toute ma force, j'ai couru, loin, loin de mon immeuble, mais trop loin j'avais peur je ne connaissais plus personne, je suis revenue un peu, j'avais si peur. J'ai trouvé un immeuble qui paraissait moins touché, nous nous sommes mises sous une cage d'escalier, avec nos pulls tirés sur nos visages, des gens masqués maintenant courraient partout, criaient que nous allions tous mourir, que c'était un attentat, qu'une bombe avait été larguée sur l'usine AZF. 

Et mon fils ? Cette question qui revenait m'a je crois tout à coup déchirée. 

J'ai senti un décrochage en moi, ma peur est comme partie, je me suis sentie si faible, infiniment fatiguée, si légère tout d'un coup, comme désincarnée, détachée de l’histoire qui se déroulait sous mes yeux, j'ai même rit, mais ce n’était plus moi, peut-être est-ce moi qui ai pensé que la vie pouvait être aussi brève pour mes enfants, j'ai regardé  ma fille et ses deux ans, elle ne voulait pas mettre de tissu sur sa bouche et son nez, elle me regardait avec des grands yeux étonnés, elle se serrait si fort contre moi, je ne sentais plus rien, plus rien que la lassitude et une interminable attente. 

J'ai dû oublier mon fils, ça faisait trop mal, ça me déchirait les tripes, si j’osais penser à lui je tombais dans un gouffre immense de peur et d'impuissance et de questions sans réponses, j'ai continué comme une automate.

Le concierge de l'immeuble nous a trouvé ma fille et moi, sous la cage d'escalier, il portait un masque et le pauvre homme semblait vouloir venir en aide à tous les habitants de sa résidence, il nous a fait monter dans ses locaux, les vitres n'avaient pas bougées et sa femme recevaient tous ceux qui semblaient ne plus savoir où aller.

Il y avait beaucoup de monde dans cette petite pièce, quelques uns avaient comme un masque de cire sur le visage, c'était le masque de la peur, d'autres pleuraient, et moi j'étais désincarnée, il me semble sans corps, juste une tête et deux bras qui tenaient ma petite.

Au bout d'une heure nous avons pu obtenir la ligne téléphonique et tenter chacun notre tour de d'appeler les notres. J'ai pu avoir l'école de mon fils, aucun blessé, que de la casse matérielle. Comme une grande vague de bonheur m'a soulagée.
Je suis sortie des locaux pour tenter par un quelconque moyen de le rejoindre.

Dehors beaucoup de gens passaient en groupe, ou courraient.

J'ai suivi les autres qui passaient presque tous masqués, ma fille pleurait maintenant.

Je suis revenue vers mon immeuble, j'ai pensé tout à coup que j'avais laissé la porte de l'appartement grande ouverte tellement j'étais sortie vite. Mais j'avais peur de monter et que sans prévenir l'immeuble s'écroule.

J'ai quand même confié la petite à l'infirmière qui habitait au 1er étage et j'ai grimpé les 10 étages aussi vite que je les avais déscendus la dernière fois. J'étais épuisée, je n'ai pas même jeté un coup d'oeil à l'intérieur de l'appartement, j'ai fermé à double tour et je suis redescendue comme si j'avais le diable à mes trousses.

J'ai enfin pu vers la fin de l'après-midi traverser Toulouse qui ressemblait à une ville bombardée, et au bout de 2 heures de longue attente dans les files de voitures j'ai pu tenir et serrer très fort mon garçon, et pleurer toutes les larmes que j'avais retenues. Il n'avait rien, et nous étions tous les trois sans blessures physiques. 

Pas comme cette autre petite fille aux yeux crevés par les éclats de verre.. 

Au mois de mai 2003 j'ai fait cette  peinture, sans savoir ce que je peignais. Aujourd'hui, je la regarde et je sais que c'est ça, que c'est peut-être enfin sorti de moi, et que c'est du passé.

Malgré tout, deux ans après, je n'ai  pas oublié. Je regarde cette cheminée de ma fenêtre, elle ne fait plus de fumée. Mais ce que cette usine a craché nous en sommes encore tous imprégnés, et il ne se passe pas un bruit sans que ce jour me revienne... 

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Plus jamais ça

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19 juin 2002

Encorps

encorps_printemps_2002

Techniques mixtes dont acrylique sur toile tendue sur chassis à clés

54 x 46 cm

Ce sont des extraits de "Encore" le séminaire de Jacques Lacan psychanalyste, que j'ai inscrit en décorps.

Matemma loeil © 2002

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12 juin 2002

Homme bleu

Homme bleu

    Technique mixte sur support épais en papier mâché. 40 x 59 cm

Je garde en moi et pour toujours les couleurs du Sahara du côté d'In Salah la rouge. Ces dunes aux formes douces et à la volupté d'un corps féminin, j'ai laissé là-bas un bout de moi-même, comme un morceau de coeur arraché à mon sein. J'ai fait cadeau de ce tableau à mon fils, il représente ce lieu du désert où vit son père, cet Absent.

Matemma loeil  © 12 juin 2002

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03 mars 2002

Filles

filles_printemps_2002

Acrylique  sur toile de lin tendue sur chassis à clés

46 x 38 cm

C'est la première toile que j'ai faîte. Auparavant lorsque je peignais, ce qui m'arrivait assez rarement avant 2002 c'était sur du papier ou sur des panneaux de plastique que je récupérais à l'agence immobilière ou je travaillais ou par la suite sur du papier mâché que je fabriquais avec du carton ondulé recouvert de plusieurs couches de papier de journal. je n'avais jamais pensé à acheter une toile sur chassis avant ce mois de mars 2002, c'était il me semblait réservé aux grands artistes. lorsque j'ai connu la toile de lin j'ai beaucoup aimé y peindre dessus c'est une sensation agréable, au contraire de la toile de coton qui se déforme si on appuie ou si on gratte, ensuite j'en ai acheté pas mal car j'y ai pris goût !

J'aime beaucoup ces petites filles que j'ai peintes à plusieurs reprises de manière répétitive sans savoir si je pourrais m'arrêter d'en peindre. J'y vois mes soeurs et moi, bien séparées, mais ensemble, on est 4 filles entre autre mais pas que...très proches et parfois très conflictuelles entre nous, on marche par paire de 2 + 2, Les petites et les grandes, mais là sur la toile il semble qu'on ai toutes le même âge ...

Matemma loeil  © 2002

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30 janvier 2002

Extérieur

Extérieur

Détail:

détail

Acrylique, sur plusieurs couches de papier mâché collé sur du carton ondulé, l'autre côté est également peint avec la peinture "Danse", le tableau est donc réversible

63 x 50 cm

Cette peinture qui se nomme "Extérieur" est vraiment le reflet de l'intérieur. En fait il me semble que c'est le lieu des peurs qui me viennent de l'enfance à la fois dedans et dehors.

Peinture au verso "danse" :

Danse

Matemma loeil © 2002

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06 janvier 2002

Femme poisson

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Acrylique, pastel autre technique sur plusieurs couches de papier mâché collé sur une double couche de carton ondulé, le tout d'une épaisseur d'1,5 cm, l'autre côté est également peint avec la peinture "Ambi", le tableau est donc réversible.

63 x 50 cm

Peinture au verso : Ambi

ambi_2001_2002

D'abord j'ai fait Ambi, ensuite j'ai fait la Femme poisson de l'autre côté. Je repense encore à Jeanne S qui m'enseignait le cathéchisme, qui m'a initiée aux travaux manuels, qui me faisait faire des émaux. J'étais très fascinée par les vitraux à l'église où j'allais avec Jeanne S, l'église de Pâte-d'Oie à Toulouse, comme beaucoup d'enfant je suppose que ces morceaux de couleurs où passaient la lumière me plaisaient beaucoup à regarder, car le discours du curé m'ennuyait profondément. c'est pourquoi il me semble que cette femme poisson ressemble à une icone ou à un vitrail, elle a dans le regard quelque chose des personnages religieux que je voyais les illustrations que me faisait voir Jeanne S.

Aussi, cette femme-poisson est exactement dans l'attitude que je trouvais au dr C.S qui m'écoutait parler une fois par semaine. Il avait, je le percevais sûrement comme ça, une attitude "religieuse", une aptitude à l'écoute qui était très impressionnante, il ne bougeait pas d'une écaille...

Matemma loeil © 2002

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21 septembre 2001

Plus jamais ça

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Aujourd'hui à 10h15 l'usine AZF est en train d'exploser plongeant les toulousains dans une grande stupeur, Toulouse ressemble à une ville bombardée, partout des gens courrent.

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Plus jamais ça   Plus jamais ça    Plus jamais çaPlus jamais ça

Ni ici, ni ailleurs  Ni ici, ni ailleurs  Ni ici, ni ailleurs  Ni ici, ni ailleurs   

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Acrylique sur carton toilé - Fait a la suite de l'évènement AZF et ensuite recouvert d'un autre dessin, c'est finalement devenu ça - Matemma © 2001

Ensuite j'ai fait une autre peinture en juin 2003, je suppose en liaison avec l'évènement, en tous cas j'ai écrit quelques mots là-dessus après avoir fait un rapprochement entre la peinture et la réminescence. Le récit de ce que j'ai vécu et que j'ai pu écrire en 2003, soit deux ans après

Des sites en lien avec la catastrophe d'AZF :

Toulouse AZF

“Y'a une usine dans mon quartier” 

Plus jamais ça ni ici, ni ailleurs

N'hésitez pas à insérer liens et mots dans la section commentaires de ce message, surtout si vous avez un vécu de cet évènement ou si vous voulez en dire quelque chose.

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20 août 2001

Femme noire

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Acrylique et autre sur plusieurs couches de papier mâché collé sur du carton ondulé

57 x 56 cm

Matemma loeil ©Aout 2001

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